Miner la feuille albinos

Fond sonore à écouter en lisant : https://www.youtube.com/watch?v=XbYHrIBTEaA

J’applaudis le poème, une poésie de laine, celle qui en sait mais celle qui en saigne,
le dé à coudre me tricote des balafres, celles qui enseignent,
telles les cicatrices de mon Grand-père qui bavardent,
les entailles sont des histoires, des empreintes que je mets en scène.

Je regarde le monde en contre-plongée, mon pote black allume un blunt, se consume,
la Playlist « grünt », me calme, me rassure
Il a les poumons Camel, et c’est le blanc qui brûle le premier, il fume et moi je tousse,
le petit blanc, le cendrier, G-Y en gros plan, celle qui enflamme son temps,
notre vie, un vulgaire billet de 5000 francs.

Des crasses dans la cervelle réveillent nos voyelles
On chante avec le choeur, on est gospel
J’ai grandi en Afrique où les gosses pèlent
Ma vie, « Bonjour », « Adieu » tel le motel
Nos cerbères, nos lanternes, ont la flamme bien mortelle
La peau sur les os, frugale est le mot
Anorexique ces vies modèles.
Le nomade s’évade et divague, et se berce aux sons des terrains vagues,
j’ai le vague à l’art et la dalle, pied nu on frappait la balle, kirikou blanc se baladait dans cette mer d’arabe, notre terrain de foot de sable bat la chamade,
écoutes nos rires, nos joies, nos rêves, dansent comme les fables d’un chaman.
Toujours une main sur le front de mon frère, je le protégerait de la fièvre du roi,
paix de rêve, d’âme et d’esprit, je suis « petit père », j’ai remplacé sa dent de lait sous son oreiller par une fève de soie.
Ils sont frêles mes soirs, feuille minée, peau noir, le teint blanc mais mon ombre est pochoir, ma feuille vierge trébuche sur les trottoirs, une choral de pêchés me confesse dans l’isoloir :
Que le dernier qui a ramené sa science, ils ont tous fini par le croire.

Je suis le krumpeur vêtu de pointe le ruban enroule ma cheville, et le vil file,
prêt d’une flaque de la ville, et la nuit au goût vanille, me divine, me sublime, le supplice est subtil, une valse de vinyle, une salsa camomille, parfume mes Mille et une vrilles.
Je rentre dans la ronde, du bic décrit la prise de Mic, la prise de risques,
dévoile tes mouv’, roules, fais tes tricks.
La foule crie et ta fougue crise le sol, dans la ronde tes steps dansent ouvrent la clef de sol, seul tu assumes le rôle, la street est folle, tu galvanises les forces souples,
ton corps ondule, tes articulations s’accouplent, le bitume t’épouse, la flaque s’essouffle,
l’osmose d’une chorégraphie de couple est à ce que l’Oxmo est au couplet,
l’instrument est basket, je suis le Krumpeur dans un Reebok classique ballet.

J’aime les femmes et les fables, les lèvres exquises, mais il n’y a que des « love bises », car une seule me charme
De la grue japonaise elle a son élégance,
Dans un brouhaha, elle est la minute de silence,
ma « lady love » fragile et ses courbes de faïence,
impulsifs, on s’épuise, elle m’a séduit, le supplice est délice, par fougue, on excuse nos vices.

Je ne connais plus mon alphabet mais celui de mon clavier On a le phone sous l’oreiller donc on rêve en HD, perdu tout sens des réalités, j’ai le syndrome « mono – chrome », je vois flou et puis la mer en blue-ray.
La mémoire dans la peau je réécrit l’histoire au henné, je gratte sur des nuits blanches et des feuilles illettrées, mes ongles calligraphient des angoisses rongées, jamais je ne courbe mon encre de l’échine, j’ai le pinceau débridé et la berceuse muezzin.
Amnésie des paroles, pas besoin de me les tatouer, l’encre est un art que seul l’oublie vient à rappeler.
On cultive le bon vieux temps, on gueule face au passé, nos larmes cheminent les rides que nos souvenirs viennent à tracer.

Du tragique à l’amour,
Un bout de texte sur un bout de feuille, mes songes sombrent et me changent
L’erreur est humaine donc le papier est miné
J’ai tiré des balles à blanc et j’ai fait tomber des anges
L’écriture blanchie, c’est comme ça que la feuille albinos, je l’ai soignée.

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